Démarche artistique

Dit simplement, ma démarche artistique consiste à ne pas en avoir.

Scientifique de formation et artiste autodidacte, la Science m’impose contraintes et hyperspécialisation; l’Art m’apporte liberté et éclatement. La Science m’exige clarté, logique et cohérence. L’Art m’autorise ambivalence, irrationalité et désordre.

Ériger une démarche artistique rationnelle pour m’y enfermer m’apparaît incompatible avec l’essence même de ma création artistique.

D’une part, cette rhétorique me permet d’esquiver l’écriture laborieuse d’une démarche artistique d’allure raisonnée. D’autre part, cela m’exhorte à aborder l’Art sous plusieurs thématiques, sans ligne directrice et sans obligation de cohérence entre les projets. De plus, cela me permet d’expérimenter différentes formes d’expression artistique, qui vont de l’art numérique, à l’écriture en passant par la musique.

Aussi, mon art ne questionne rien de tangible et n’apporte aucune réponse intelligible. Au plus, il divertit, il éveille quelques sentiments et suscite peut-être parfois un peu d’émerveillement. Pour des réponses claires à des questions concrètes, il faut plutôt regarder du côté de mes contributions scientifiques.

Je pourrais (et peut-être devrais-je) intellectualiser ici mes motivations profondes à faire de l’Art, alimentées par d’intimes et poignantes anecdotes tirées de mon enfance. Mais même si j’avais la capacité de pondre un texte crédible et de haute voltige intellectuelle pour expliquer la nature profonde de mon art, ce ne serait, en toute honnêteté, que de l’escobarderie. Car voyez-vous, la triste réalité est que ce qui me pousse à faire de l’Art n’est pas particulièrement noble ou glorieux. À vrai dire, mes motivations artistiques ne s’exposent pas vraiment publiquement dans un texte dont le but est normalement de faire rayonner son auteur. Par sincérité, donc, et par souci pour mon image, je préfère me taire et laisser parler mes oeuvres d’elles-mêmes.